Le ratio d'endettement des ménages frôle un niveau record

Publié le par Service des communications

Les ménages dont le niveau d'endettement est élevé sont plus vulnérables aux hausses des taux d'intérêt. Comme les taux sont actuellement à la hausse, les ménages très endettés pourraient voir leurs paiements augmenter et dépasser leur budget. Cette augmentation du fardeau de la dette pourrait se traduire par une réduction de la consommation, de l'épargne ou des remboursements du capital. Certains ménages pourraient même se retrouver en défaut si leurs revenus ne suffisent pas à couvrir la hausse des dépenses et des frais de crédit.

Si un nombre croissant d'emprunteurs se retrouvent en situation de défaut, les institutions financières pourraient en conséquence réduire leurs activités de prêt. Ces effets négatifs risqueraient alors d’avoir des répercussions sur d'autres secteurs de l'économie. Selon les études, dans les pays très endettés, les récessions sont généralement marquées par des pertes de production plus importantes et un taux de chômage plus élevé. Elles ont aussi tendance à durer plus longtemps que dans les pays où les niveaux d'endettement sont plus bas.

Le ratio de la dette par rapport au revenu disponible des ménages frôle un niveau record

Le ratio de la dette par rapport au revenu est un indicateur de la vulnérabilité relative des ménages endettés. Si les ménages sont en mesure d'assurer le service de leur dette lorsque les taux d'intérêt sont bas, certains peuvent éprouver des difficultés lorsque les taux augmentent. Les ménages très endettés ont généralement peu d'options pour consolider leurs dettes lorsque les coûts du service de la dette augmentent.

Le ratio de la dette totale par rapport au revenu disponible des ménages suit une tendance à la hausse, car l'endettement augmente plus rapidement que les revenus. La dette hypothécaire contribue fortement à cette situation, puisqu’elle représente les deux tiers de la dette totale des ménages au Canada. Cette tendance haussière est maintenant interrompue, mais le ratio dette/revenu de l’ensemble du Canada demeure près d'un niveau record. Il oscille autour de 170 %, et les ratios varient considérablement d'une région métropolitaine à l'autre (voir le graphique 1). Vancouver et Toronto affichent les ratios les plus élevés au pays, soit 242 % et 208 %, respectivement. Le ratio de Vancouver est ainsi plus de deux fois supérieur à celui de Saint John (106 %).

Le ratio dette/revenu n'a pas beaucoup varié au cours des 9 derniers trimestres pour l’ensemble du Canada, mais ce n'est pas le cas pour tous les grands centres. Par rapport à il y a un an, d'importantes variations en points de pourcentage ont été observées à Edmonton (-8,3), Calgary (-7,9), Hamilton (+5,9) et Victoria (+4,2). À Calgary et à Edmonton, la baisse des ratios est attribuable à la croissance du revenu et à une légère baisse de l’endettement total. À Hamilton et à Victoria, les ratios ont augmenté en raison de la forte croissance de la dette hypothécaire et des prêts à remboursement échelonné.

 

Les coûts du service de la dette hypothécaire sont relativement constants

Même si la dette hypothécaire a augmenté, la part du revenu des ménages consacrée au service de la dette n'a pas connu de variation importante depuis plusieurs années. La part croissante du revenu qui est consacrée au remboursement du capital représente l'accumulation des capitaux propres, tandis que la part consacrée aux intérêts correspond au coût du crédit. Le coût total des versements hypothécaires par rapport au revenu total disponible s’est maintenu autour de 6 % au cours des 10 dernières années. En outre, la part des intérêts dans les paiements hypothécaires des ménages suit une tendance généralement baissière depuis environ 25 ans.

 

La composition de la dette des ménages détermine leur sensibilité aux variations des taux d'intérêt

La composition de la dette détermine à quelle vitesse une variation des taux d'intérêt aura une incidence sur les ménages. Les marges de crédit et les prêts hypothécaires à taux variable seraient les premiers produits à subir l’impact d’une majoration des taux d’intérêt. Les consommateurs qui détiennent déjà des produits de crédit à taux fixe, comme les prêts automobiles, ne verraient aucune différence sur ces produits. Puisque les trois quarts des prêts hypothécaires sont à taux fixe, une hausse des taux n’aurait pas d’incidence sur ces prêts avant leur renouvellement. Une hausse des taux hypothécaires aurait une incidence sur environ la moitié des prêts hypothécaires au cours de la première année suivant la hausse.

L’incidence d’une hausse des taux d’intérêt sur les finances des ménages dépend de la rapidité avec laquelle les frais de service de la dette augmentent. L'analyse de la composition de la dette par région métropolitaine permet de comparer la rapidité avec laquelle une variation des taux d'intérêt aurait une incidence sur les diverses parts de la dette des ménages. En ventilant le ratio dette/revenu selon le type de dette, on obtient la part du fardeau de la dette que représente chaque type de dette par rapport au revenu.

Les ménages de Vancouver ont un ratio dette hypothécaire / revenu de 177 % et un ratio dette de marge de crédit hypothécaire /revenu de 31 %. Ainsi, à Vancouver, le ratio de la dette liée à l’immobilier par rapport au revenu est d'environ 208 %, soit plus de trois fois celui de Saint John. Toronto se classe au deuxième rang pour ce qui est des ratios de la dette hypothécaire (145 %) et des marges de crédit hypothécaire (25 %). Pour l’ensemble du Canada, le ratio de la dette garantie par l’immobilier par rapport au revenu est d’environ 133 % (voir le graphique 3).

Il est intéressant de noter que c’est à Halifax que le ratio de la dette non garantie par l’immobilier par rapport au revenu est le plus élevé (47 %). Dans cette RMR, les prêts à remboursements échelonnés représentent 20 % du revenu, les cartes de crédit, 10 %, les marges de crédit, 9 %, et les prêts automobiles, 8 %. C’est à Victoria que la dette non garantie par l’immobilier représente la plus faible part du revenu, soit 30 %, comparativement à la moyenne nationale, qui est de 39 %.


Version texte

Sources : Equifax, Statistique Canada, Conference Board du Canada, SCHL (calculs)

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