Une étude révèle les inégalités en matière de logement

Publié le par Service des communications

Source: SCHL

Une étude révèle les inégalités en matière de logement

Pour mesurer l'abordabilité du logement, nous utilisons traditionnellement le rapport des frais de logement au revenu (RFLR). Selon ce ratio, on considère qu’un logement est inabordable si les frais de logement représentent 30 % ou plus du revenu avant impôt du ménage.

Cette façon de calculer l’abordabilité selon le RFLR a ses inconvénients. Puisqu’il s’agit d’un ratio, cette méthode ne tient pas compte des différences de revenu pour calculer le montant réel auquel correspond pour différents ménages ce seuil de 30 %. Si un logement ne coûte pas plus de 30 % du revenu avant impôt du ménage, il s’agit d’un logement abordable selon l’approche du RFLR.

Mais qu’en est-il si le revenu du ménage est très faible? Dans certains cas, même si le logement coûtait seulement 15 % du revenu avant impôt du ménage, ça ne changerait rien. Pour un ménage qui ne gagne pas beaucoup d’argent, un tel logement pourrait encore ne pas être abordable.

Et qu’en est-il des ménages qui sont dans la situation opposée? Même s’il consacre 30 % ou plus de son revenu en frais de logement, un ménage dont le revenu est très élevé pourrait encore avoir une bonne marge de manœuvre pour ses autres dépenses. La méthode du RFLR ne permet pas de tenir compte de ce genre de situations.

L’approche du revenu résiduel

Nous venons de publier une étude, réalisée en collaboration avec le milieu universitaire, qui propose une approche différente pour mesurer l'abordabilité du logement : l'approche du revenu résiduel.

Selon cette approche, un ménage a des problèmes d'abordabilité du logement s'il n'a plus d'argent pour certains biens et services après avoir payé le logement. Quels biens et quels services? Dans notre étude, nous avons utilisé la portion non liée au logement de la mesure du panier de consommation (MPC). Et qu’est-ce que la MPC? En gros, cette mesure représente un panier de biens et de services de base dont un ménage a besoin pour maintenir un niveau de vie modeste.

L’approche du RFLR nous indique seulement quel pourcentage de leur revenu les ménages consacrent au logement. L’approche du revenu résiduel, quant à elle, nous permet de savoir si un ménage peut encore se payer les biens et services essentiels après avoir payé le logement. On peut ainsi considérer que l’approche du revenu résiduel offre une meilleure mesure de l’abordabilité du logement.

Inégalités socioéconomiques : certains groupes font face à de plus grandes difficultés

Notre étude a permis de faire de nombreuses constatations intéressantes qui révèlent les inégalités socioéconomiques en matière de logement. En voici quelques-unes :

  • En moyenne, les immigrants sont confrontés à des problèmes plus importants en matière de logement que les non-immigrants.
  • Selon toutes les mesures utilisées dans l’étude, les ménages urbains éprouvent plus de problèmes liés à l’abordabilité que les ménages ruraux.
  • Les personnes âgées sont plus susceptibles d’éprouver des problèmes d’abordabilité et de pauvreté due au logement que les autres Canadiens.
  • Dans l’ensemble, les propriétaires-occupants s’en tirent mieux que les locataires.
  • Les personnes qui ne sont pas en couple éprouvent de plus grandes difficultés. Cela s’explique en grande partie par les différences d’âge et de mode d’occupation du logement entre les deux types de ménages. Les personnes qui ne sont pas en couple sont généralement plus jeunes et sont plus susceptibles d’être locataires.

Un guide pour la recherche et les politiques futures

Dans cette étude, nous avons utilisé l’approche du RFLR et celle du revenu résiduel. Ainsi, nous avons pu examiner la fréquence, l'ampleur et la gravité des problèmes d'abordabilité du logement pour divers segments de la population.

De cette façon, nous avons offert les bases d’un outil utile aux décideurs politiques. Un outil qui présente une série de problèmes d’abordabilité et qui montre où ces problèmes se concentrent au sein de la population. Les décideurs pourraient ainsi concentrer leurs efforts là où ils seront le plus utiles.

Cela dit, d’autres recherches seront nécessaires pour déterminer les causes des résultats obtenus.

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