Montréal-Québec, Québec-Montréal : même combat?

Publié le par Association des Propriétaires du Québec

Sujet(s): Divers

Source: Mouvement Desjardins

Montréal-Québec, Québec-Montréal : même combat?

La croissance économique de la région de Québec a surpassé celle de Montréal au cours des cinq dernières années. Toutefois, la région de la capitale nationale pourra-t-elle garder le rythme encore longtemps? Que devra faire la région de Québec pour conserver le dynamisme qui l'a caractérisée ces dernières années? Que faut-il à Montréal pour redorer son blason économique?

Voilà quelques-unes des questions auxquelles les économistes du Mouvement des caisses Desjardins tentent de répondre, dans le dernier numéro du bulletin Perspective, la revue d'analyse des Etudes économiques de la plus importante institution financière au Québec.

Etat de situation

L'état de situation est beaucoup plus encourageant pour la capitale que pour la métropole.

La région de Québec occupe une enviable troisième place au Canada quant à la croissance de son PIB réel de 2001 à 2006. Au cours de cette même période, elle a aussi vu croître son PIB réel par habitant beaucoup plus rapidement que partout ailleurs au pays.

Depuis une quinzaine d'années, Québec a su tirer son épingle du jeu grâce, entre autres, à ses efforts de diversification de sa structure économique qui se sont avérés des plus profitables.

L'économie de Québec a aussi capitalisé sur la vigueur des institutions financières, en particulier grâce aux sociétés d'assurances qui ont généré quantité d'emplois rémunérateurs. "Très souvent, le succès appelle le succès et la création d'emplois a attiré des travailleurs des autres régions, ce qui a permis de répondre aux besoins des entreprises qui souhaitaient embaucher", résume François Dupuis, économiste en chef au Mouvement des caisses Desjardins.

La métropole a, pour sa part, encaissé de nombreux contrecoups ces dernières années. Non seulement les projets d'envergure n'ont pas été réalisés, faute de moyens et de consensus chez les différents acteurs, mais Montréal a aussi essuyé un certain recul quant à la vigueur de son économie. La déconfiture du secteur manufacturier a pesé lourd dans la balance, tout comme la migration vers les couronnes nord et sud de la métropole qui a profité au secteur immobilier des banlieues, au détriment du marché montréalais.

Les défis

Au plan économique, les deux régions partageront, au cours des cinq prochaines années, des défis similaires. Elles devront conjuguer avec le ralentissement généralisé du marché de la construction résidentielle, la transformation de la base industrielle de chacune des régions, l'accroissement de la productivité et le rehaussement de la qualité et de la quantité d'infrastructures de transport, de communications et de services, sans compter les défis d'ordre démographique (main-d'oeuvre et vieillissement de la population).

Dans ce contexte, les économistes du Mouvement Desjardins affirment que la prospérité de Québec et de Montréal reposera sur le tonus du marché de travail. Il faudra donc, à chaque extrémité de l'autoroute 20, attirer davantage les entreprises et leur proposer un climat leur permettant de prospérer, tout en conservant la main-d'oeuvre qualifiée et en attirant de nouveaux travailleurs.

Bref, pour les économistes de Desjardins, il est clair que la création d'emplois sera au coeur des défis à relever au cours des prochaines années dans la capitale et dans la métropole. Ne serait-ce que pour maintenir le rythme observé au cours des cinq dernières années (11,2 % et 9,2 %), les deux régions devraient générer respectivement 8 440 et 34 170 emplois chaque année.

Cependant, rien n'est acquis pour la capitale. L'implantation d'entreprises et leur prospérité passera par une amélioration des taux de bilinguisme des travailleurs et d'attraction des immigrants. La synergie qu'on observe à l'heure actuelle doit être entretenue si on souhaite éviter les effets de "lendemain de veille" qui pourraient survenir dans les années qui suivront les célébrations du 400ème anniversaire.

Bien que l'aéronautique, les sciences de la vie et le secteur des technologies de l'information semblent porter de nombreux espoirs pour la métropole, ils ne parviendront pas à eux seuls, selon les économistes de Desjardins, à assurer une création d'emplois suffisante pour faire contrepoids aux pertes dans le secteur manufacturier.

A Montréal, le défi de la main-d'oeuvre se pose comme à Québec, mais c'est ailleurs que devront être consentis les efforts les plus importants. "La région a besoin de succès pour éviter de perdre encore plus de terrain et le regroupement des forces pourrait faire la différence entre faire partie du peloton ou le regarder passer", croit M. Dupuis.

La qualité et la suffisance des infrastructures se posent avec plus de sévérité dans la métropole qu'ailleurs au Québec. Malgré les récents investissements des gouvernements du Québec et du Canada, il faudra investir bien davantage dans les infrastructures. D'où proviendront les fonds? Là est toute la question et le coeur du grand défi de Montréal.

Les deux grandes régions font-elles face aux mêmes défis? En conclusion, les économistes de Desjardins répondent oui au plan démographique et quant au ralentissement du marché de l'habitation. Par contre, l'enjeu de la qualité, la suffisance et le financement des infrastructures s'avèrera plus problématique pour la métropole qui, par ailleurs, ne dispose pas de l'ensemble des leviers pour éliminer tous les obstacles à ce chapitre. La croissance économique passera-t-elle d'abord par la recherche de consensus pour la réalisation de projets d'envergure? Et pourquoi pas!

A propos de Desjardins

Plus important groupe financier intégré de nature coopérative au Canada, avec un actif de plus de 135 milliards de dollars au 31 décembre 2006, le Mouvement des caisses Desjardins regroupe un réseau de caisses, credit unions et centres financiers aux entreprises au Québec et en Ontario, de même qu'une vingtaine de sociétés filiales en assurances de personnes et de dommages, en valeurs mobilières, en capital de risque et en gestion d'actifs, dont plusieurs sont actives à l'échelle du pays. S'appuyant sur la compétence de ses 40 000 employés et l'engagement de 7 020 dirigeants élus, Desjardins met à la disposition de ses 5,8 millions de membres et ses clients, particuliers et entreprises, une gamme complète de produits et services financiers. Son réseau de distribution physique est complété par des modes d'accès virtuel à la fine pointe de la technologie. Pour en savoir plus, consultez le site www.desjardins.com.

0 Réponse à “Montréal-Québec, Québec-Montréal : même combat?”

Laisser un commentaire