L'économie canadienne s'en est bien tirée en 2007

Publié le par Association des Propriétaires du Québec

Sujet(s): Divers,

Source: Statistique Canada

L'économie canadienne s'en est bien tirée en 2007

Grâce en grande partie aux revenus tirés des ressources, le Canada a pu défier la sagesse conventionnelle et surmonter plusieurs obstacles à une croissance économique soutenue, selon une étude publiée dans L'observateur économique canadien. Ces difficultés comprenaient le ralentissement de l'économie américaine et le resserrement du crédit sur les marchés financiers mondiaux.

Les variations rapides des prix dans certains marchés ont constitué la toile de fond des événements de l'économie réelle. Le dollar canadien a poursuivi la montée amorcée il y a cinq ans pour atteindre la parité avec le dollar américain à la fin de 2007.

Le dollar canadien a commencé à s'apprécier vers la fin de 2002, au moment même où les prix des produits de base ont amorcé leur montée historique. Cette montée en flèche des prix a d'abord touché l'énergie, puis elle s'est généralisée, touchant rapidement les métaux. Les plus fortes augmentations enregistrées en 2007 ont touché les produits agricoles.

Par ailleurs, les prix sur les marchés financiers mondiaux ont été exceptionnellement instables tout au long de l'année. La crise financière de 2007 s'inscrit dans une longue liste de crises semblables survenues au cours des 10 dernières années. L'économie s'est montrée capable d'absorber la plupart de ces crises sur les marchés financiers et de s'y adapter.

Alors que de nombreux prix sur les marchés financiers et des produits de base ont fluctué plus que jamais, la croissance de la production et de l'emploi dans l'économie réelle n'a jamais été plus stable. Au cours des quatre dernières années, le produit intérieur brut (PIB) réel a progressé successivement de 3,1 %, de 3,1 %, de 2,8 % et de 2,7 %, aisément la plus stable croissance enregistrée pour toute période de quatre ans remontant jusqu'en 1961.

La croissance du Canada excède la croissance aux États-Unis

La croissance de 2,7 % du PIB réel au Canada a été à peine touchée par le ralentissement observé aux États-Unis, où la progression du PIB est passée de 2,9 % en 2006 à 2,2 % en 2007. Il s'agit de la première année au cours de laquelle la croissance au Canada a été supérieure à celle enregistrée aux États-Unis depuis le début de la présente décennie.

Il convient de rappeler l'importance de l'écart qui peut s'afficher entre la croissance au Canada et celle aux États-Unis lorsque cette dernière ralentit; en effet, en 2001, la croissance du PIB du Canada, fixée à 1,8 %, était presque le triple de celle de 0,7 % observée aux États-Unis, minés par la récession, tandis que la hausse de 2,9 % enregistrée en 2002 était près du double de celle de 1,6 % notée aux États-Unis. Le mythe bien connu selon lequel «le Canada attrape le rhume quand les États-Unis éternuent» a été discrédité il y a des années; jusqu'à présent en 2007 et en 2008, on a à peine reniflé, tandis qu'aux États-Unis la contagion dans le marché financier et dans celui du logement a été généralisée.

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La croissance soutenue affichée au Canada en 2007, malgré le ralentissement aux États-Unis, apporte des éclaircissements sur le récent débat au sujet de la mesure dans laquelle le Canada peut «se dissocier» de l'économie américaine. Jusqu'à présent, le ralentissement aux États-Unis s'est limité dans une large mesure aux secteurs du logement et de l'automobile, tous deux en perte de vitesse pour une deuxième année d'affilée, et évidemment au secteur financier.

Par conséquent, tandis que les recettes d'exportation des produits forestiers et des produits de l'automobile du Canada ont chuté respectivement de 13 % et de 6 %, les exportations totales ont continué à croître modérément pour une quatrième année consécutive. La part des exportations totales du Canada représentée par les produits forestiers et les produits de l'automobile s'est donc établie à un creux record de 22,9 %, comparativement au sommet de 40,2 % atteint en 1987. Les exportations à valeur ajoutée des produits forestiers et des produits de l'automobile sont à l'origine de seulement 4,1 % du PIB.

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La hausse globale des exportations du Canada en 2007 était attribuable aux produits de base, notamment aux biens industriels, aux produits agricoles et aux produits énergétiques, qui représentaient exactement la moitié des exportations l'année dernière. Les prix de ces biens sont demeurés vigoureux sur les marchés mondiaux, le relâchement aux États-Unis étant largement compensé par la demande à la hausse des pays émergents.

Les exportateurs canadiens se sont rapidement détournés du marché américain en baisse; tandis que les exportations aux États-Unis ont reculé de 2 % au cours de chacune des deux dernières années, les expéditions outre-mer ont augmenté de 13 % en 2006 et de 16 % en 2007.

La production des produits de base tarde à répondre aux prix élevés

Les bénéfices, les placements, les exportations et les ventes de ressources ont tous connu une hausse très marquée au cours des dernières années, mais la production et l'emploi dans le secteur primaire ont augmenté seulement au même taux environ que l'économie dans son ensemble. Cet écart montre bien que l'essor des produits de base était principalement un phénomène de prix.

Depuis 2002, le volume de la production du secteur des ressources a augmenté de seulement 11 %, soit un taux inférieur au taux de croissance de 14 % de l'ensemble de l'économie. En revanche, l'emploi dans le secteur des ressources s'est accru de 13,6 %, ce qui laisse supposer une diminution de la production par employé.

L'écart entre la croissance de l'emploi et celle de la production était attribuable au secteur minier, où l'emploi a bondi de 25 % entre 2002 et 2007, tandis que la production n'a augmenté que de 9 %.

Le secteur de la fabrication restructuré

En 2007, les ventes manufacturières par industrie sur le plan du bilan ont affiché presque exactement le même profil d'augmentation ou de diminution que depuis 2002. Les vêtements, les produits forestiers et les automobiles ont tous continué d'enregistrer d'importantes pertes, tandis qu'un faible recul s'observe pour l'impression, les boissons et le tabac, le caoutchouc et le plastique ainsi que pour les ordinateurs et les produits électroniques.

Ces diminutions ont été contrebalancées par la croissance rapide des livraisons de pétrole, de métaux de première transformation, de produits aérospatiaux, de machines, de produits en métal, de minéraux non métalliques et de produits chimiques. Les producteurs d'aliments et les fabricants de meubles et d'articles divers, pour leur part, ont enregistré de modestes hausses.

Depuis 2003, les expéditions dans les 10 industries en expansion ont bondi de 32 %, tandis que celles dans les 9 industries en régression ont diminué de 14 %. La persistance de ces profils de croissance sectoriels sur une période de cinq ans laisse fortement supposer qu'ils montrent ce que sera le secteur de la fabrication après sa restructuration en réaction à l'appréciation du dollar canadien.

Les dépenses de ménages accélèrent

La croissance du patrimoine des Canadiens s'est traduite par une hausse de 4,7 % du volume des dépenses de consommation en 2007, soit la plus importante augmentation annuelle observée depuis 1985.

Les détaillants ont continué de vendre des quantités impressionnantes de téléviseurs à écran plat. Les ventes automobiles ont atteint un nouveau sommet, soit 1,686 million de véhicules. Malgré les prix élevés de l'essence, les ventes de camions ont progressé, tandis que celles de voitures particulières ont légèrement reculé, ce qui a porté la part de camions dans toutes les ventes de véhicules à un taux record de 49,2 %. Ainsi, la consommation d'essence a augmenté de 3,6 % en 2007, malgré des prix record à la pompe.

Autre mesure du pouvoir d'achat à la hausse des Canadiens se retrouve dans les voyages à l'étranger qui ont fortement augmenté, particulièrement vers des destinations de vacances outre-mer plutôt que les courts déplacements aux États-Unis pour faire du magasinage : les voyages outre-mer ont connu un accroissement de 9,8 %, tandis que les excursions aux États-Unis étaient en hausse de 6,1 %, y compris une augmentation de 3,3 % dans les voyages de même jour effectués en automobile.

Les différences régionales continuent à s'atténuer

Au cours des dernières années, le Canada a été souvent décrit comme étant caractérisé par une économie florissante axée sur les ressources dans l'Ouest et un secteur de plus en plus en proie au marasme dans l'Est. En 2007, cela était plus faux que simpliste.

Les différences régionales en matière de croissance de l'emploi étaient moins prononcées qu'au cours des dernières années. Pour la première fois depuis 2004, l'emploi a augmenté dans chaque province. Même si l'Alberta s'est maintenue en tête, ayant affiché une hausse de 4,7 %, la croissance s'est accélérée dans toutes les autres provinces.

Le taux de chômage est passé à un creux record dans toutes les trois régions, s'étant établi à 6,7 % dans le Centre du Canada, à 4,0 % dans l'Ouest et à 9,2 % dans la région de l'Atlantique.

La Colombie-Britannique, le Québec et le Nouveau-Brunswick ont tous affiché leur taux de chômage le plus faible depuis 1976, tandis que Terre-Neuve-et-Labrador, la Nouvelle-Écosse, le Manitoba et l'Alberta ont affiché des taux pratiquement identiques à leurs plus bas niveaux historiques (0,2 point de pourcentage ou moins).

La diminution de la durée du chômage dans chaque province, sauf en Nouvelle-Écosse, est une autre mesure du resserrement du marché du travail à l'échelle du pays. La période de chômage moyenne au Canada est passée à 14,0 semaines en 2007, soit la période la plus courte observée depuis 1976.

L'Ontario a affiché la baisse la plus importante dans la chute du taux de chômage. Malgré les pertes croissantes d'emplois dans le secteur de la fabrication en Ontario, ces travailleurs, manifestement, soit ont trouvé un emploi dans d'autres industries, soit ont déménagé ailleurs pour trouver du travail. Le contraste est frappant avec les fortes augmentations de la durée des périodes de chômage pendant d'autres périodes de marasme du secteur de la fabrication en Ontario au début des années 1980 et 1990.

Définitions, source de données et méthodes : numéros d'enquête, y compris ceux des enquêtes connexes, 1302, 1806, 1901, 2202, 2301 et 3701.

L'étude «Stabilité turbulente : l'économie du Canada en 2007» figure dans l'édition Internet d'avril 2008 de L'observateur économique canadien, vol. 21, no 4 (11-010-XWB, gratuit), qui est maintenant accessible à partir du module Publications de notre site Web. La version imprimée du mensuel L'observateur économique canadien, vol. 21, no 4 (11-010-XPB, 25 $ / 243 $), sera en vente le 17 avril.

Pour obtenir plus de renseignements sur L'observateur économique canadien, cliquez sur la publicité qui figure sous le module Publications de notre site Web.

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