La SHQ souhaite une forte collaboration entre le public et le privé pour bien loger les Québécois

Publié le par Berthold Lévesque

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La SHQ souhaite une forte collaboration entre le public et le privé pour bien loger les Québécois
« J'irai donc droit au but. Je vous entretiendrai aujourd'hui d'un élément vital pour l'avenir du marché québécois de l'habitation, soit un maillage de plus en plus serré contre le public et le privé, entre la force de l'imagination et celle du savoir-faire. Et pourquoi ce maillage présente-til toutes les chances de succès aujourd'ui, demanderez-vous? Parce que les observations que nous avons pu faire sur le marché de l'habitation, au Québec, au Canada et à l'étranger, nous amènent à penser que ce marché est propice au logement abordable sous toutes ses formes. »

C'est ainsi que M. André Filion, vice-président à la Société d'habitation du Québec (SHQ), débutait son allocution lors du dernier Forum québécois sur l'investissement immobilier à Montréal.

Le marché actuel

André Filion signale que l'activité relative à l'habitation au Québec représentait 7,2 % du Produit intérieur brut du Québec (données de 2004), soit 20 milliards de dollars répartis entre la rénovation et la construction. Une autre constatation: un déséquilibre qui touche la portion résidentielle alors que l'offre est inférieure à la demande. Une forte poussée des mises en chantier résidentielles a permis d'atteindre un sommet en 2004, avec 58 500 mises en chantier. Par contre, depuis l'an passé, on constate un certain ralentissement qui devrait se poursuivre au cours des mois à venir.

Au Québec, 58 % des logements sont détenus en propriété (trois millions d'unités de logement forment le parc d'habitation au Québec) et 42 % sont offerts en location. À Montréal, le taux de propriété est à 35 % en comparaison avec la Gaspésie entre autres, qui atteint 76 %.

D'autres chiffres intéressants: au Québec, seulement 9 % des logements locatifs sont situés dans des immeubles appartenant à un propriétaire de 200 logements ou plus, alors que 42 % du parc appartient à des propriétaires de moins de 6 logements et 9 % à des propriétaires d'un seul logement locatif.

Le Québec est peuplé très clairement de petits propriétaires contrairement à d'autres régions du pays, Toronto et Vancouver. ''La comparaison de Montréal, qui compte 55 300 propriétaires-bailleurs, avec Toronto, qui n'en compte que 8 200 et Vancouver, 4 100, illustre bien cette situation,'' précise le conférencier.

Si on se tourne du côté de la copropriété, on constate que cette formule est toujours très populaire, et la fièvre s'étend maintenant de plus en plus dans tout le Québec. En 2004, 27 % des mises en chantier dans les centres urbains touchaient les logements en copropriété.

L'industrie de la construction

L'année 2004 a été une année remarquable au niveau de la construction au Québec. On y comptait 11 300 entreprises pour lesquelles travaillaient 42 300 salariés. La masse salariale a été de 600 millions de dollars. Plus de 275 000 emplois directs et indirects ont été créés cette année-là par l'industrie de la construction.

Le marché résidentiel à venir

« Outre le vieillissement de la population, qui caractérise la plupart des sociétés développées, on assistera dans les années à venir à une diminution de la taille des ménages ou, si vous préférez, à une forte croissance des ménages d'une seule personne et des ménages formés de couples sans enfants de moins de 25 ans. À Motnréal seulement, près de 40 % des ménages sont formés de personnes seules,' » a mentionné M. Filion.

Le conférencier croit qu'on verra se multiplier la demande de logements en copropriété, et si en 2001, 100 000 unités de copropriété indivise représentaient 3 % du marché, on peut estimer qu'en 2030, on devrait se retrouver avec 360 000 unités représentant 9 % du marché. « Comme le rythme de croissance des ménages ira en ralentissant, les mises en chantier s'ajusteront progressivement de sorte qu'à l'horizon 2020, on prévoit qu'il y aura autant de production de nouveaux logements que de création de ménages, soit autour d'un peu plus de 20 000 dans les deux cas. »

Les tendances

Le conférencier dégage cinq tendances lourdes qui selon lui devraient nous présenter autant d'occasions d'affaires. D'abord, il y aura une concentration prévisible du marché entraînée par la diminution progressive du nombre de propriétaires-bailleurs. On devrait connaître une diminution de la production pour le marché québécois et il faudra donc de plus en plus explorer et exploiter d'autres marchés. On connaîtra une popularité grandissante du marché de la copropriété, et une demande accrue de logements locatifs avec services. Enfin, M. Filion croit qu'il y aura une demande accrue de logements abordables, c'est-à-dire de logements de qualité représentant un fardeau financier raisonnable pour les ménages.

André Filion pense que ce créneau du logement abordable sera en forte demande, un incontournable non seulement sur le marché québécois, mais aussi en Europe et ailleurs sur la planète où le coût du bâtiment est très élevé. Il croit que cette demande de logement abordable devrait impliquer davantage le privé. Il tenait à rappeler que la SHQ avait comme mission de faciliter l'accès de l'ensemble des Québécoises et Québécois à des conditions adéquates de logement et à des milieux de vie de qualité ainsi que de favoriser le développement du savoir-faire québécois en habitation.

Dans une continuité d'efforts de la SHQ, on a créé les programmes AccèsLogis Québec et Logement Abordable, grâce auxquels des promoteurs de projets immobiliers peuvent créer et offrir en location des logements de qualité à loyer abordable sur tout le territoire du Québec. Le conférencier a rappelé que ces deux programmes du gouvernement ont permis la réalisation de 18 600 logements à loyer abordable et auront généré des investissements de 1,7 milliard de dollars.

Le bon côté de la mondialisation

La mondialisation présente des inconvénients mais aussi des avantages. Le vice-président de la SHQ croit que la mondialisation est un avantage avec ce pouvoir de faire partager rapidement au reste de la planète les bonnes initiatives dont nous pouvons être à l'origine, et c'est le cas en habitation. Sur le plan du logement abordable seulement, les deux tiers de la population mondiale vivent dans des habitations inadéquates, ce qui rend prioritaire la création de logements abordables, autant dans les pays développés que les autres.

Le Québec a déjà pris une entente avec la société anglaise Accent Group, et c'est un bon exemple d'exportation possible de notre savoir-faire en habitation. Cette société anglaise se spécialise dans l'offre de logement social et abordable et prévoit la réalisation de plusieurs milliers d'unités d'habitation qui seront produites au Québec et livrées au Royaume-Uni avec des retombées économiques pour le Québec de plusieurs dizaines de millions de dollars par année.

Le Québec est déjà présent sur le marché britannique de la construction résidentielle haut de gamme alors que des maisons usinées au Québec présentement sont vendues entre 500 000 et 900 000 dollars canadiens sur le marché londonien.

En conclusion

L'évolution du marché québécois de l'habitation représente certaines contraintes mais ces mêmes contraintes peuvent aussi se transformer en nouvelles occasions d'affaires dont les bénéfices peuvent rejaillir sur l'ensemble de la société québécoise. « Le logement abordable sera au coeur des préoccupations des consommateurs québécois dans les années à venir, » a mentionné M. Filion.

Il croit aussi que l'industrie va devoir s'y adapter sur le marché domestique et se tourner également vers l'exportation pour maintenir son niveau d'activité.

« Le Québec a la chance d'avoir une industrie de l'habitation qui a déjà fait ses preuves dans la construction et l'exportation de maisons ou de composants usinés, dans la gestion de projets et de la formation de la main-d'oeuvre étrangère. Si nous savons mettre sur pied un véritable partenariat public-privé mobilisant les secteurs manufacturiers, financiers et institutionnels, le Québec pourra non seulement relever le défi de la transformation de son marché mais il pourra également exporter son savoir-faire, » a conclu M. André Filion de la SHQ.

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