LE RADON : Une menace invisible (partie 1)

Publié le par Spécialiste en rayonnement Isabelle Vézina

Sujet(s): Environnement,

Source: Santé Canada

LE RADON : Une menace invisible (partie 1)

QU’EST-CE QUE LE RADON?

Le radon est un gaz incolore, inodore et sans saveur que l’on retrouve naturellement dans l’environnement. Le radon s'échappe lentement du sol, de l'eau et de certains matériaux de construction qui contiennent de très petites quantités d'uranium, tel le béton, les briques, les tuiles et le placoplâtre.

Lorsque le radon s’échappe du sol dans l’air atmosphérique, il est dilué en faibles concentrations et ne pose pas de problème de santé. Par contre, lorsque les facteurs favorisant sa production, son transport et son accumulation dans un lieu fermé ou mal ventilé sont réunis (dans une maison, par exemple), il peut s’ensuivre une accumulation à de fortes concentrations. Ainsi, le radon dans l’air extérieur est un phénomène entièrement naturel par contre, l’accumulation dans les bâtiments ne l’est pas et est causée par la façon dont le bâtiment est construit.

Le seul effet à la santé reconnu découlant d’une exposition au radon est le risque de développer un cancer du poumon. Ce risque dépend de la concentration et du nombre d’années d’exposition. Cependant, pour la même exposition, le risque posé par le radon est beaucoup plus grand pour un fumeur que pour un non-fumeur. En fait, le radon est la deuxième cause de cancer du poumon après le tabagisme.

COMMENT LE RADON ENTRE-T-IL DANS LES BÂTIMENTS?

Le radon, comme tout gaz souterrain, ne cogne pas à la porte avant d’entrer. Il s’infiltre et s’accumule principalement dans les pièces inférieures (au sous-sol, par exemple) des bâtiments, là où il y a un contact avec le sol. Durant la majeure partie de l’année, la pression atmosphérique à l’intérieur de la maison est inférieure à celle du sol entourant les fondations. La différence de pression qui en résulte aspire l’air et d’autres gaz souterrains (dont le radon) dans la maison. La maison se comportant alors comme un aspirateur de gaz souterrain. En se déplaçant à travers les pores du sol et de la roche sur lesquels les maisons sont construites, le radon peut pénétrer par toutes les ouvertures en contact avec le sol comme les fissures, dans les murs de fondation et dans les dalles de plancher, les joints de construction, les espaces autour des tuyaux de branchement et les montants de support, les siphons de sol et les puisards, les cavités dans les murs et l’alimentation d’eau, les planchers en terre battue (vides sanitaires), etc.

Plus rarement, l’eau souterraine provenant des puits privés ou municipaux peut contenir des quantités de radon dissout si elle est en contact avec une source importante d’uranium. Lorsque agitée, par exemple lors du lavage ou lors de la douche, l’eau peut libérer le radon dissout dans l’air ambiant et ainsi contribuer à la concentration en radon ambiante du bâtiment. Les réseaux d’aqueduc municipaux présentent rarement des niveaux de radon élevés puisque l’eau est davantage prélevée en surface et est agitée, donc dégazée, lors de son transport.

Indépendamment de la source d’entrée principale suspectée, il faut d’abord mesurer l’air ambiant de la maison avant de s’interroger sur la qualité de l’eau.

COMMENT SAVOIR SI LE RADON POSE PROBLÈME DANS UNE MAISON?

En raison de la multiplicité des facteurs en cause (caractéristiques du sol, type de construction, état des fondations, mode d’occupation et climat), il est très difficile de prévoir la teneur en radon dans une maison. La seule façon de découvrir s’il y a du radon à des concentrations préoccupantes dans une maison est d’en évaluer la teneur à l’aide d’un appareil de mesure approprié parfois appelé dosimètre ou détecteur. L’appareil est exposé à l’air de la maison pendant une période déterminée dans une pièce normalement habitée (occupée plus de quatre heures par jour) au niveau le plus bas, puis envoyé à un laboratoire pour analyse. La mesure du radon se fait en becquerel par mètre cube d’air (Bq/m3). Un becquerel correspond à une désintégration d’atome par seconde.

Certains détecteurs permettent une mesure sur de courtes périodes alors que d’autres peuvent recueillir des données sur plusieurs mois. Les concentrations de radon varient selon les saisons, mais sont généralement plus élevées en hiver qu'en été, et plus élevées la nuit que le jour. La principale raison en est que le scellement des bâtiments (en vue de conserver l'énergie) ainsi que la fermeture des portes et des fenêtres (au coucher), réduisent l’apport d’air et permettent l'accumulation de radon.

Pour cette raison, Santé Canada recommande la prise de mesures sur une période de trois à douze mois idéalement entre octobre et avril. Faites-vite! Le meilleur moment pour mesurer c’est maintenant! Les mesures couvrant une seule saison devraient être effectuées en hiver. Les appareils les plus utilisés sont les détecteurs de traces alpha et les chambres d’ionisation avec électret.

La nouvelle directive canadienne, stipule qu’il faut prendre des mesures correctives lorsque la concentration moyenne annuelle en radon dépasse 200 Bq/m³ dans les aires normalement occupées d'un bâtiment. Notez qu’il s’agit de la moyenne annuelle, d’où l’importance de mesurer le radon sur une longue période.


Pour plus d’information sur le radon et pour vous procurer le Guide sur les mesures du radon dans les maisons, consultez le site Internet : www.santecanada.gc.ca/radon


par Isabelle Vézina, Spécialiste en rayonnement, Santé Canada

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